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Irak : la ville chrétienne de Qaraqosh sous haute tension

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Dans la province de Ninive, la ville de Qaraqosh, composée à 95% de syriaques catholiques craint une menace de la part des insurgés sunnites qui ont pris mardi 10 juin la ville de Mossoul.

Pour soutenir les chrétiens d’Irak, rendez-vous samedi 14 juin place du Trocadéro à 14h30 (à l’initiative du parti Chrétien-Démocrate co-organisé par l’AED, la Fondation du Service Politique, SOS Chrétien d’Orient, l’Observatoire de la Christianophobie et Chrétienté Solidarité)

À Qaraqosh, «les habitants sont terrés chez eux, ils n’osent pas sortir», raconte le vicaire provincial des dominicains du monde arabe basé à Bagdad, père Ameer Jaje selon la Vie. La plus grande ville chrétienne d’Irak, située à 30 kilomètres à l’est de Mossoul, compte 40 000 habitants majoritairement chrétiens. Après la prise de contrôle de Mossoul, la ville craint une offensive de la part des djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Ce vendredi 13 juin, le cardinal préfet Leonardo Sandri a exprimé avec les responsables de la Congrégation des Églises orientales son inquiétude vis à vis de la situation en Irak et a assuré le soutien du pape François. La veille, il s’était entretenu avec Mgr Amel Shamun Nona présent sur place. Il en a profité pour attester que toutes les structures catholiques étaient ouvertes aux réfugiés de toutes confessions.

Un refuge pour la population en fuite

L’attaque de Mossoul a pris tout le monde par surprise (rappel des faits). L’absence des forces sécurité et les tirs de mortier sur la population de la ville ont fait fuir près d’un demi million de personnes. La possibilité d’aller dans la province autonome du Kurdistan étant limitée (seuls les migrants ayant de la famille ou un parrain installé peuvent s’y réfugier), beaucoup de familles ont fui dans les villes avoisinantes de la région le plus souvent à pied. Qaraqosh accueille un afflux important de familles grâce à la direction civile et au comités bénévoles religieux de la ville. L’association Fraternité en Irak a annoncé qu’elle allait envoyer l’équivalent d’une tonne de médicament pour éviter une crise sanitaire dans une ville désormais surpeuplée et en manque de logements pour la population. La ville est depuis longtemps considérée comme sécurisée et les réfugiés arrivent par vague depuis déjà quelques années. Cependant, maintenant que les djihadistes sont tout près, les dirigeants de la ville se disent inquiets quant à la protection des civils. Les forces armées kurdes, les pechmergas, ont renforcé leurs positions autour de la ville. Selon certains témoignages, les insurgés seraient déjà entrés dans la ville le 10 juin sans manifester de violence à l’égard de la population pour repartir aussi sec vers l’ouest. « Nous demandons à tous, sunnites, chiites et kurdes, que cette ville soit sanctuarisée. Tant que la situation est calme, nous demandons qu’il n’y ait pas d’intervention violente de la part de l’armée irakienne pour ne pas aggraver la situation », a déclaré Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Oeuvre d’Orient.

Mgr Nona met les choses au clair concernant la vie à Mossoul

La situation est revenue au calme dans la ville. Parmi ceux qui ont fui, énormément de familles musulmanes ainsi que la quasi-totalité des chrétiens à l’exception des personnes âgées et de ceux qui ne peuvent pas se déplacer. Contrairement aux nombreuses rumeurs l’évoquant, il n’y aurait eu aucune attaque sur les églises de la part de la faction djihadiste selon Mgr Amel Shamun Nona. Les pillages, qui ont eu lieu sur l’une d’entre elles, sont l’œuvre de voleurs qui ont été stoppés par les combattants de l’EIIL, avertis par des familles musulmanes. Mgr Nona explique avoir eu les familles en question au téléphone, qui leur ont assuré que désormais, elles veilleraient sur l’église. Les dégâts observés sur le chantier d’une église arménienne ne seraient que les dégâts collatéraux de bombardements sur une base militaire située à quelques mètres de là. Les djihadistes ont sécurisé tous les bâtiments publiques et seraient dans l’optique de maintien de l’ordre publique dans la ville. Mgr Nona se dit en revanche perplexe concernant la désertion massive en un temps record de l’armée et de la police « Ce que je peux dire, c’est qu’il y a un mystère dans ce qui s’est passé. On ne sait pas exactement comment il est possible que de très nombreux militaires et agents de police aient quitté la ville en moins d’une heure, abandonnant armes et moyens de transport. Tout cela pose de nombreuses questions », a-t-il expliqué à l’Agence Fides.

Sources: Le Figaro, la Vie, Agence Fides