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Antiokia : « C’est riche de nos différences que l’on va pouvoir grandir ensemble dans la foi »

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« C’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens » (11, 26). Ce verset des Actes des apôtres a inspiré le nom d’Antiokia, une initiative lancée pour favoriser la rencontre des jeunes chrétiens orientaux et latins.
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Radio Notre Dame a rencontré Éléonore Bes de Berc, fondatrice d’Antiokia.

Éléonore, 22 ans, a passé trois mois à Jérusalem au sein d’un hospice pour personnes atteintes de handicap. Trois mois éprouvants qui ont pourtant été l’occasion d’un premier contact avec le handicap, mais aussi avec les chrétiens d’Orient. C’est grâce à cette expérience, qu’elle se sent aujourd’hui « là où elle doit être » dans ce projet. Devenue « orientale de coeur », elle a fondé Antiokia avec quelques amis à son retour en France.

Un constat fondateur

Les chrétiens sont toujours présents en Orient, et les racines chrétiennes de l’Église proviennent de là-bas. Nous les oublions, mais « ils ont une foi à déplacer les montagnes ». Ils rendent grâce sans cesse.

« Ce qui est incroyable à Jérusalem, c’est que Dieu est partout : dans chaque personne, dans chaque pierre, dans chaque grain de sable… », Éléonore a le sentiment d’avoir vraiment goûté à la Jérusalem Céleste sur cette terre.

Elle y a fait de belles rencontres, comme Sam, un ami musulman, qui lui offrait le thé à la menthe et lui laissait sa boutique au cœur du souk : la fameuse hospitalité orientale.

De retour en France, Éléonore chasse sa nostalgie et veut tout faire pour retrouver cette ambiance. Avec Laetitia, une amie et ancienne volontaire en Terre Sainte avec la communauté du Chemin Neuf, elle fait le tour des paroisses orientales et crée des liens forts avec les paroissiens. Avant, la jeune femme papillonnait d’une église à une autre, aujourd’hui celle qui se définissait comme « sans paroisse fixe » a trouvé la sienne : la paroisse maronite Notre Dame du Liban.

A côté de son emploi dans une librairie, Éléonore lit énormément pour comprendre cette « mosaïque » que dessinent les Églises d’Orient. L’Église catholique est formée de l’Église latine mais aussi des 22 Églises orientales. Si elle a pu faire ce constat grâce à son expérience à Jérusalem et dans les paroisses orientales en France, Éléonore le sait, il y a une réelle urgence à rassembler celles que Jean-Paul II nommait « les deux poumons de l’Église » car l’une ne vit pas sans l’autre. C’est donc naturellement que Laetitia et Éléonore ont proposé leur aide bénévole à L’Œuvre d’Orient qui partage ce soucis d’informer.

« Diversités dans l’unité »

Pourtant l’aspiration de ces jeunes va au-delà de l’information, au-delà de la prière pour les chrétiens d’Orient : « non pas seulement prier pour eux mais avec eux ». François, qui revient d’un an en Jordanie, partage ce désir. A Notre Dame du Liban, les trois jeunes rencontrent Younan, il est libanais et vit en France depuis cinq ans. Il s’associera à leur initiative, content de rencontrer des français catholiques et engagés.

« Diversités dans l’unité » : c’est le slogan d’Antiokia. Éléonore lui donne un sens très concret : « Toi melchite, toi maronite, toi chaldéen, toi copte, et toi latin, vous partagez la même foi, vous avez seulement des façons différentes de la vivre et c’est riche de ces différences que l’on va pouvoir grandir ensemble dans la foi : se découvrir, se rencontrer pour être de véritables catholiques ».

Les trois piliers d’Antiokia

La prière

Les « antiokiens » veillent à adapter leur prière selon les églises. Les jeunes chrétiens se réjouissent de pouvoir prier en français, latin, arabe, arménien, mais aussi en syriaque, qui est l’araméen liturgique, c’est à dire la langue la plus proche de celle parlée par le Christ.

1622088_695232423831354_778111708_nLa rencontre

Un dîner est organisé chaque mois, l’occasion de lier connaissance mais aussi de découvrir des danses et repas orientaux.

La formation

Chaque mois, Antiokia part à la découverte d’une Église orientale, de son histoire, de son actualité…

Le mois de mars est consacré à l’Eglise maronite, le mois d’avril mettra à l’honneur l’Église chaldéenne, en mai ce sera l’Église melchite avec, le 18 mai, une grande messe à Notre Dame de Paris, à l’occasion de la venue du patriarche melchite. Les jeunes d’Antiokia découvriront l’Église syriaque en juin prochain.

L’an prochain s’annonce chargé : les coptes, puis les Églises d’Europe orientale, deux jeunes sont déjà « ambassadeurs » et nouent connaissance avec des chrétiens originaires d’Arménie, d’Ukraine, de Roumanie.

Après trois mois, trois mots

Action de grâce

Aujourd’hui, Éléonore remercie le Seigneur pour ce projet « inspiré », pour lequel toutes les portes s’ouvrent. Il y a des épreuves certes, mais c’est dans ces épreuves que l’on apprend à vivre l’unité. Elle est aussi très reconnaissante envers tous les prêtres orientaux qui les accueillent, les accompagnent et les soutiennent.

Ouverture

« Ouverture à un monde qui m’était étranger, » confie Éléonore, « et qui m’est devenu familier. Ce projet nous a permis de faire tomber les préjugés entre les chrétiens orientaux et latins, dans les deux sens. C’est une ouverture d’esprit et surtout de cœur. »

Joie immense

« Une immense joie, tout simplement : à Antiokia ce sont des éclats de rire sans fin, c’est la fête tout le temps » conclue la jeune femme.

Éléonore explique le nom d’Antiokia