25.11.14 Catégorie(s) : Vie de l'Eglise

Les papes et l'Union européenne : une longue histoire

Le pape François est le premier pape non européen à s’adresser au Parlement européen et au Conseil de l’Europe. Mais ce n’est pas la première visite d’un souverain pontife aux institutions européennes. Et encore moins une nouveauté dans les relations entre le Vatican et l’Union Européenne. Retour historique sur les papes et l’Europe. Le pape…

58029_pape-francois-europe-drapeau-europeen_440x260

Le pape François est le premier pape non européen à s’adresser au Parlement européen et au Conseil de l’Europe. Mais ce n’est pas la première visite d’un souverain pontife aux institutions européennes. Et encore moins une nouveauté dans les relations entre le Vatican et l’Union Européenne. Retour historique sur les papes et l’Europe.

Le pape est traditionnellement invité par le président du Parlement européen à venir s’adresser aux représentants des Etats membres. Avant le pape François, le pape Benoit XVI avait été invité par le président du Parlement européen, même si il n’avait pas répondu à l’invitation. Jean-Paul II  s’était quant à lui rendu devant les institutions européennes en octobre 1988. Une tradition qui marque l’attachement du Vatican à l’intégration européenne.

Retrouver l’interview de Johanna Touzel, responsable communication de la Comece sur la visite du Pape à Strasbourg.

Il y a vingt-cinq ans, Jean-Paul II à Strasbourg

Le pape polonais s’était exprimé le 8 octobre 1988 devant le Conseil de l’Europe, et le 11 octobre 1988 devant le Parlement européen. L’Union européenne s’appelait alors la Communauté européenne, elle comptait 12 Etats membres et était marquée par la séparation de l’Europe en deux.

Jean-Paul II avait alors exprimé son espoir que l’intégration européenne gagne le contient entier, et que l’Union européenne s’ouvre aux pays émergents :

« Nul n’imagine qu’une Europe unie puisse s’enfermer dans son égoïsme. Parlant d’une seule voix, unissant ses forces elle sera en mesure, plus encore que par le passé, de consacrer ressources et énergies nouvelles à la grande tâche du développement des pays du tiers-monde ».

Le pape avait également rappelé l’importance qu’accordait le Vatican à la construction européenne :

« Comment l’Église pourrait-elle se désintéresser de la construction de l’Europe, elle qui est implantée depuis des siècles dans les peuples qui la composent et les a un jour portés sur les fonts baptismaux, peuples pour qui la foi chrétienne est et demeure l’un des éléments de leur identité culturelle ? »

Retrouver l’intégralité du discours de Jean-Paul II au Parlement européen.

Un an après son passage à Strasbourg, le mur de Berlin tombait et l’Union Européenne s’ouvrait à l’Est.

L’Europe, préoccupation des papes

Les papes Pie XII et Jean XXIII n’avaient pas été invités devant l’Union Européenne, encore trop jeune. Mais ils n’en étaient pas moins très concernés par la question.

Il y a 50 ans, le pape Jean XXIII prédisait que la nouvelle Europe deviendrait « le plus grand super Etat catholique, que le monde n’ait jamais connu« . Du vœu de Pie XII, son prédécesseur, l’Europe devait prendre la suite de l’Empire comme grand Etat catholique. Le Vatican œuvrait alors activement en faveur l’unité européenne.

Le pape Jean XXIII invitait les catholiques à être les premiers dans les efforts pour unifier l’Europe. La plupart des pères fondateurs de l’Union européenne était eux-mêmes des catholiques pieux.

Une invitation déclinée par Benoit XVI

Le pape Benoit XVI avait également été invité au Parlement européen par le président de l’époque, le chrétien-démocrate allemand, Hans-Gert Pöterring. Mais l’invitation ne s’était jamais concrétisée. Un mauvais accueil par les élus était redouté, le pape Benoit XVI ne bénéficiant pas de la même aura que son successeur. Plusieurs invitations avaient été réitérées à l’adresse du Saint-Père par la suite, sans réponses.

Mais ce n’est pas pour autant que Benoit XVI se désintéressait de la cause européenne. Bien au contraire. Il fustigeait dans ses discours une Europe qui refusait d’assumer ses racines chrétienne et s’alarmait que l’élan des pères fondateurs donné à l’Union européenne s’était essoufflé.

Si Benoit XVI ne s’était pas rendu devant le Parlement européen durant ses huit années de pontificat, le Parlement européen était venu au Vatican, en la personne de son président, Jerzy Buzeck. Les deux hommes avaient alors abordé la question des relations entre l’Eglise et les différentes institutions européennes, ainsi que la contribution de l’Eglise à l’Union européenne.

 

Le pape François, par sa visite à Strasbourg, poursuit le travail de ses prédécesseurs vis-à-vis de l’Europe. En tant que premier pape non européen, il poursuivra sans doute le discours entamé par Jean-Paul II : s’ouvrir aux pays émergents, et faire tomber les murs comme il disait récemment. Le Vatican et l’Union européenne, une longue histoire qui se poursuit encore aujourd’hui.

Retrouver les réactions des parlementaires à la visite du pape François à Strasbourg.

Pour aller plus loin sur Le programme de l’Europe et du Vatican

 

 

Partagez sur les réseaux sociaux :