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"Vous êtes sensibles aux injustices. Ne vous découragez pas… l'homme peut changer"

C’est un pape heureux et ému qui s’est adressé aux habitants de la favela de Varginha, une communauté de Rio. Un discours placé sous le signe du partage.

Un nouveau bain de foule pour le pape François qui a pris le temps de bénit tous les habitants et enfants de la communauté de Varginha, certains visiblement en pleurs. Rappelons que cette favela connaissait encore la violence et les tirs de balles il y a quelques mois. Le Saint-Père a également passé une dizaine de minutes dans la maison d’une famille de la favela, à l’abri des nombreuses caméras. Puis, il a rejoint le terrain de football où était installé un échafaudage aux couleurs du Vatican. Et c’est un couple de la favela qui a tout d’abord pris la parole: « Pardon de bousculer le protocole, mais nous tenons tous à vous appeler Père François, celui qui accueille tout le monde et en particulier les plus pauvres« . Evoquant la vie dans leur favela, ils ont rappelé que « devant les applaudissements et les projecteurs« , ils restaient « fidèles à Dieu, simples et dans la pauvreté ».

« Tout ce qui se partage se multiplie »

Le Saint-Père a alors pris la parole, heureux d’être accueilli avec tant d’amour, de générosité et de joie: « Il est beau de pouvoir être ici avec vous. Dès le début, mon désir était de visiter tous les quartiers de cette nation. J’aurais voulu frapper à toutes les maisons, boire un verre d’eau, parler avec chacun d’entre vous… Mais ce n’était pas possible… J’ai choisi votre communauté qui représente tous les quartiers du Brésil ». « Merci beaucoup à chacun de vous pour ce bel accueil. Merci à Mgr Tempesta et aux époux pour leur chaleureuses paroles. Je me sens accueilli et c’est important de savoir accueilli », a ajouté le pape François.

Il a ensuite lancé un appel aux hommes de bonne volonté et aux autorités: « Que chacun sache offrir sa contribution pour mettre fin à beaucoup d’injustice sociale ». Le pape a prôné une « culture de la solidarité qui voit dans l’autre non un concurrent ni un numéro, mais un frère« , et il a salué l’effort de la société brésilienne dans ce sens. « Il n’y a ni harmonie ni bonheur pour une société qui met en marge, en périphérie une partie d’elle-même… C’est seulement quand nous sommes capables de partager que nous nous enrichissons vraiment. Tout ce qui se partage se multiplie ».

« Une faim que seul Dieu peut rassasier »

Et le Saint-Père d’évoquer cette « faim profonde », « la faim d’un bonheur que seul Dieu peut rassasier », un « besoin de dignité ». « La vie, don de dieu, est une valeur à préserver et à promouvoir toujours », a-t-il souligné.

Enfin, pour conclure, le pape François a lancé un appel aux jeunes: « Vous les jeunes, vous chers jeunes, vous êtes particulièrement sensibles aux injustices… à vous et à tous je répète : ne vous découragez jamais, ne perdez pas confiance, ne laissez pas s’éteindre l’espérance. Ne vous habituez pas au mal mais apprenez à le vaincre…  Vous n’êtes pas seuls, l’église est avec vous, le pape est avec vous, je porte chacun de vous dans mon coeur et je fais miennes les intentions que vous avez au fond de vous-même… Le désir de consolation dans les moments de peine et de souffrance… Je vous confie à Notre-Dame d’Aparacida et je vous donne avec grand affection ma bénédiction ».