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« Le pape François m’a caressé tout le visage, je ne ressentais que de l’amour »

Vinicio Ceva, l’homme défiguré par une maladie rarissime, a décrit à des médias italiens sa rencontre bouleversante avec le pape François le 8 novembre dernier.

La rencontre entre deux êtres est toujours poignante lorsque l’un est sain et l’autre malade. Les photos prises place Saint-Pierre le 8 novembre dernier révèlent ce contraste saisissant : d’effroyables furoncles boursouflent la tête et la nuque d’un homme, que le pape François touche, sans effleurer, de ses mains blanches. Sur le visage du Saint-Père, douceur et douceur plissent le coin de ses yeux et font briller son regard. Le visage du malade, en revanche n’est pas visible. Qu’a-t-il pu ressentir ? Les photos ne le montreront pas, ne parleront jamais.

Alors Vinicio Ceva – c’est le nom de cet homme gravement malade – a accepté de parler à deux médias italiens de l’incroyable rencontre qu’il a vécue.

Originaire d’Isola, un village de la province italienne de Vincenza, Vinicio est atteint de la maladie de Recklinghausen depuis l’âge de 15 ans. Il s’agit d’une maladie rare, connue comme « neurofibromatose de type 1 », qui provoque de douloureuses excroissances sur tout le corps. Aucun traitement ne peut actuellement guérir cette maladie.
Mais la vie de cet homme de 53 ans n’est plus la même depuis ce moment avec le pape, le 8 novembre dernier.

Quand le Pape s’est approché de Vinicio…

Lorsque le Pape François a pris le visage du malade entre ses deux mains…« Je me suis senti comme au Paradis », a déclaré Vinicio au cours d’un entretien téléphonique pour le quotidien italien il Corriere della Sera, « la nuit je n’ai pas réussi à dormir ».

Au journal italien Panorama, Vinicio fait part de sa profonde émotion : « Je lui ai d’abord embrassé la main, pendant qu’avec l’autre main, il me caressait la tête et les plaies. Et puis il m’a attiré contre lui, en me serrant fort et en m’embrassant le visage. J’avais la tête contre son buste, et ses bras m’enveloppaient. Et lui me tenait serré, serré, comme s’il me câlinait, il ne se détachait plus. J’ai cherché à parler, à lui dire quelque chose, mais je n’ai pas réussi : l’émotion était trop forte. Cela a duré un peu plus d’une minute, mais cela m’a semblé une éternité ».
L’italien décrit avec justesse ce que nous montrent les photos : « Les mains du pape sont si tendres. Tendres et belles. Et son sourire limpide et ouvert. Mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est qu’il n’a pas réfléchi à deux fois pour savoir s’il devait m’embrasser ou pas. Je ne suis pas contagieux mais il n’en savait rien. Il l’a fait et voilà : il m’a caressé tout le visage, et pendant qu’il le faisait, je ne ressentais que de l’amour ».

« Aimer c’est tout donner » (Sainte Thérèse de Lisieux)

Les gestes du pape François resteront pour toujours dans la mémoire de Vinicio, cet homme si défiguré que même les médecins se sont déjà tenus à distance. « Une fois, à l’hôpital, confie Vinicio, j’étais en train d’enlever mes vêtements quand un médecin africain est entré. Il m’a regardé et s’est raidi, presque bouleversé. Un peu plus tard, il est venu me voir et m’a demandé pardon. Il m’a dit qu’en Afrique, il avait déjà eu à faire à de terribles maladies, mais qu’il n’avait jamais rien vu de si dévastateur. Ses paroles m’ont beaucoup touché ».

A propos de sa maladie, l’italien explique que « Les premiers signes se sont manifestés après mes 15 ans. On m’avait dit que je serais mort à 30 ans. Mais je suis encore là ».

Et dans son village d’Isola, Vinicio est bien accepté par les habitants. Il a son groupe d’amis avec lesquels il ne manque aucun match de la Vincenza, son équipe de foot favorite. Il travaille également quelques heures par jour pour de menus travaux (jardinage, manutention, aide à la maison de retraite…). Pendant son temps libre, il savoure les plats de sa tante et tutrice Caterina. Une femme de 68 ans, toujours joyeuse, « qui l’aime viscéralement et l’embrasse toute la journée » ; elle s’occupe aussi de Morena, la petite sœur de Vinicio, atteinte d’une forme moins sévère de la maladie.

Vinicio aime également profiter de sa collection de dvd d’Heidi, dévorer des romans d’amour… Vous l’aurez compris, Vinicio est un italien romantique : d’ailleurs il courtise toutes les infirmières, dépensant en fleurs une partie des 130 euros qu’il gagne chaque mois en travaillant.

Sources : Vatican Insider, Panorama