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Que celui qui n’a jamais péché

Père Jean Philippe Chauveau est l’invité de Louis Daufresne dans le Grand Témoin. Par son livre, « Que celui qui n’a jamais péché », il revient sur son enfance douloureuse, son appel à la prêtrise et son action auprès des prostituées du bois de Boulogne avec l’association Magdalena.

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 Une enfance blessée

Enfant battu par des parents alcooliques et abusé sexuellement le père Jean Philippe vit une enfance ponctuée d’un « vide affectif ». De là s’en suit une adolescence ponctuée d’actes de délinquances (vol de vélos, voitures) qui le conduisent en pension puis en maison de correction. Le père décrit cette période par un manque d’amour qu’il essayait de reconstituer avec sa bande d’amis. La rupture avec ce groupe d’amis puis les successives rencontres décisives avec « de vrais chrétiens » vont l’emmener de plus en plus à se convertir et à suivre le chemin du Christ.

 La rédemption

Durant cette enfance douloureuse, le père jean Philippe ne prie plus, « il se force à arrêter de prier ». Quand il travaille chez Peugeot, il rencontre Fernand Marie qui avec beaucoup de patience lui parle du « bon Dieu ». De fil en aiguille se sont des « gens heureux » qu’il rencontre. A partir de ce moment là, l’enfant blessé devient chrétien et cherche sa vocation, ça sera la prêtrise. L’ appel à devenir prêtre c’est dans « la chambre de la petite Thérèse » qu’il en a le désir , le deuxième appel viendra lors d’un pèlerinage à Ars. A ce moment là le père est partagé entre son désir profond de devenir prêtre et son manque de confiance en lui, il juge qu’il n’a pas assez d’éducation pour devenir prêtre. C’est une dernière rencontre décisive avec Marthe Robin qui le confortera dans son désir. Le père jean Philippe est ordonné prêtre à l’age de 32 ans.

 Au services des marginaux de la société

La première mission du jeune prêtre est de s’occuper de toxicomanes, une période « difficile » mais « merveilleuse ». Une étape où il réalise que« pour prendre en charge la pauvreté des autres il faut devenir vulnérable ». Le père se rend compte qu’il est constamment « testé » et que les chrétiens s’ils veulent témoigner auprès des plus démunis doivent être « heureux » et « bienveillants » et ne pas venir avec « leurs certitudes ».

Avec l’association Magdalena, le prêtre arpente en habit avec sa camionnette le bois de Boulogne. La camionnette est ouverte à ceux qui le veulent, le père leur propose un temps d’échange ou de prière autour d’un café, d’un thé. Loin de les juger sur leur apparence qui peut paraître provocante, le père les « accompagne » et les « aime » sans un regard « moralisateur ». Le père ajoute la nécessiter des les considérer comme des  « personnes » qui ont un passé, une histoire et qui cherchent à être aimé.

Depuis 2002, sous l’impulsion des prostitués dont beaucoup sont de culture catholique, le père Jean Philippe organise une fois par an un voyage à Lourdes.

L’association Magdalena souhaite aller plus loin dans son action. Pour les prostitués qui veulent s’en sortir et arrêter leur activité, l’association cherche une maison dans les Hauts de Seine afin de les accueillir et les accompagner dans un nouveau « chemin de vie ».