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Coups de coeur
Sacred Music
Les Trésors de la musique sacrée. Un coffret de 29 CD : Harmonia Mundi HLX 2908304.33 (30 Euros)

La firme discographique « Harmonia Mundi » nous invite à célébrer Noêl avec un somptueux coffret de 29 disques (plus un CD-Rom PDF textes choisis) pour un exceptionnel voyage musical au cœur même des trésors de la musique sacrée. Un voyage qui nous entraine sur le chemins du moyen âge à nos jours, des premières chants de l’ère chrétienne jusqu’à à la messe de Leonard Bernstein , de Leonin, de Guillaume de Machaut aux grandes polyphonies classiques : Soixante dix chefs d’œuvre dans leur intégralité pour un magnifique chemin de Foi à travers le temps .
Grands oratorios (Scarlatti, Haendel, Jean Sebastien Bach, Menselssohn) , Motets et Messes polyphoniques, Stabat mater et Vêpres ( Monteverdi) , Requiem de Mozart à Duruflé, Chant Orthodoxe et Chant Grégorien dans ses diverses écoles (Chant Ambrosien, Chant Vieux Romain, Chant Beneventain, Chant Mozarabe…) etc…Tout est ici resserré dans coffret au prix très abordable (50 Euros) qui permet de retrouver les grands interprètes toujours fidèles à la firme Harmonia Mundi et qui contribuent ainsi tout au long de l’histoire du disque à mettre ces grandes heures de la musique sacrée au cœur de notre temps, et de notre vie.…
Claude Ollivier
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Amoveo / Répliques / Genus
« Mouvement » dans tous ses états

Trois ballets de chorégraphes contemporains sont actuellement à l’affiche de l’opéra Garnier : celui de Benjamin Millepied et la reprise de son « Amoveo », la création de la première chorégraphie pour le ballet de l’opéra de Nicolas Paul « Répliques »et la reprise du « Genus » de Wayne Gregor. Trois ballets pour un seul « Mouvement » en trois Etats qui puisent à la source vive de la Danse...
Ce sera d’abord la reprise du ballet de Millepied qui ouvre le bal : Amoveo » ( du latin Moveo ou mouvement) sur une musique de Philip Glass extraite de son opéra « Einstein on the Beach » et les décors très géométriques et colorés tout en mouvement imperceptible qui enveloppent les danseurs pour souligner leur rencontre amoureuse : Aurélie Dupont avec Nicolas Leriche tracent l’itinéraire intérieur d’un jeune couple tout en mouvement parfaitement maitrisé dans leurs entrelacs et combinaisons incessantes et toujours renouvelées dans leur quête d’absolu. Le deuxième ballet de la soirée est consacrée à la création de « Répliques » de Nicolas Paul sur une musique très contrastée de Gyorgy Ligeti : une chorégraphie difficile dans son abstraction et sa constante retenue mais qui dans sa profondeur cherche le repli le plus secret des âmes et des cœurs à travers un miroir , leurs « Répliques »,qui interroge toujours l’individu sur le sens multiple de leur personnalité : ce seront quatre couples pour un ballet très technique et très virtuose et toujours maîtrisé dans des figures toujours en « Mouvement » à travers leur double.
Ce sera en conclusion la reprise de la chorégraphie de l’anglais Wayne Mcgregor : « Genus » sur une musique électroacoustique de Joby Talbot et Deru, un ballet inspiré des théories de Darwin sur « l’origine des espèces » et l’évolution des corps dans leur mouvement et leur représentation anatomique, des corps « qui luttent pour leur existence ». C’est une chorégraphie très technique et cohérente dans ses mouvements incessants jusqu’au vertige des corps poussé aux limites du virtuose « Une plongée dans le monde d’aujourd’hui et de demain …et dans lequel les frontières du temps et de l’espace sont chaque jour un peu plus repoussés. »
Claude Ollivier (7 Novembre 2009)
+ A l’opéra Garner : Ballets de Millepîed, Paul et McGregor. Jusqu’au 22 Novembre 19h.30. Res. 08 92 89 90 90. Internet : www.operadeparis.fr
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Joyaux - George Balanchine
Incandescence

« Jewels » ou « Joyaux » c’est le ballet de Georges Balanchine qui retrouve l’affiche à l’opéra Garnier , un ballet « rare et précieux » d’une seule coulée, composé en trois parties évoquant les trois amours du Chorégraphe pour trois traditions culturelles, véritable reflet des âmes signifiées par trois villes, capitales des grandes écoles de danse : Paris, New-York, Saint-Pétersbourg, et tel un triptyque chacune des ces villes brillant de tout l’éclat d’une pierre précieuse . La production est confiée à Christian Lacroix, grand couturier et célèbre peintre pour la conception des costumes, de l’harmonisation des couleurs des superbes toiles de fond dont les dessins de bijoux dans leurs couleurs miroitantes s’identifient avec chacune de ces villes. Ce sera d’abord Paris et l’école française qui fera briller par la danse les reflets délicats de ses « Emeraudes » dans les vibrations d’une immense pierre verte profonde et transparente qui s’épanouiront sur la musique d’une grâce infinie de Gabriel Fauré. Deux couples de danseurs Laetitia Pujol et Mathieu Ganio, Claire-Marie Osta et Benjamin Puech mèneront la danse jusqu’à l’admirable figure de la fleur verte avec le corps de ballet qui s’épanouit délicatement sur le Scherzo de Fauré extrait de Pelléas et Mélisande.
Le deuxième volet du triptyque dessine un incandescent « Rubis » qui préside à une chorégraphie contemporaine qui plonge son inspiration dans la comédie musicale américaine de Broadway : nous sommes en effet à New-York et ici tout bouge, tout saute, tout s’enflamme sur la musique de Stravinski (un extrait de « Capriccio » pour piano et orchestre avec l’infaillible Christine Lagniel au piano) une symphonie en rouge-rubis avec Aurélie Dupont et Mathias Heymann, (nouvel Etoile nommé en 2009) virevoltant avec une grande maîtrise entouré du corps de ballet pour faire briller les moindres reflets de ces »Rubis ». Enfin le troisième volet resplendit de tous les feux d’une guirlande de « Diamants » aux éclats d’une somptueuse brillance enveloppant quatre des cinq mouvements de la troisième symphonie de Tchaïkovski « une musique difficile que la danse fera aimer » dira Balanchine. Nous sommes alors à Saint-Pétersbourg dans l’évocation de Marius Petipa et des splendeurs du ballet russe du temps des Tsars avec le retour du Tutu pour des danses enflammées d’une souveraine dignité dans leur mouvement d’ensemble parfaitement mis en place. Le corps du ballet enveloppe Emilie Cozette et Christophe Duquenne qui dans le moindre de leur pas livre une souveraine leçon de liberté et de force intérieure. « Voyez la musique, dira Balanchine et écoutez la danse »…
Claude Ollivier (27 Octobre 2009)
+ « Joyaux » de Balanchine à l’opéra Garnier jusqu’au 18 Novembre 2009, 19h.30 Tel 08 92 89 90 90 et par internet : www.orchestredeparis.com
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Concert Symphonique - Soirée Mozart et Brahms
La Clarinette de Mozart

L’orchestre de Paris nous a offert à la salle Pleyel une soirée rarissime (23 Octobre) avec entre autre la clarinette de Pascal Moraguès qui a fait vibrer son public avec le concerto pour clarinette en La Majeur K622. En écoutant cette admirable page mozartienne je pensais à ce qu’écrivait Berlioz sur l’ instrument préféré de Mozart : « Ce beau soprano instrumental, ce retentissement si riches d’accents pénétrant, gagne dans le solo en délicatesse, en nuances fugitives, en affectivités mystérieuses ce qu’il perd en force et en puissants éclats. Rien de virginal, de pur comme le coloris donné à certaines mélodies par un virtuose habile... et c’est celui de tous les instruments à vent qui peut le mieux faire naître, enfler, diminuer et perdre le son…de là la faculté précieuse de produire le lointain, l’écho, l’écho de l’écho, le son crépusculaire » ( Berlioz : traité d’instrumentation et d’orchestration) et on comprend bien que la clarinette comme celle de Pascal Moraguès dans ce concerto en La porte en elle-même le mystère du son pour lequel Mozart a donné le meilleur de lui-même.
Composé en 1780, (l’année des grands chefs d’oeuvre : le Quintette à cordes K614, la Clémence de Titus, la Flûte Enchantée, puis viendra le Requiem, et ce concerto dédié à son ami clarinettiste Anton Stadler : l’allégresse du premier et du dernier mouvements, la tendresse du mouvement lent en font une œuvre solaire propice au sentiment fraternel et à l’apaisement plus proche de l’intimité et de la délicatesse de la musique de chambre que d’un certain dramatisme exacerbé…Un message parfaitement assimilé par Pascal Moraguès, première clarinette solo de l’orchestre de Paris et depuis 1981 professeur au conservatoire national de musique et qui a su livrer à un public subjugué par un grand moment de communion mozartienne enveloppée par la direction de Christoph Eschenbaah tout en complicité dans les moindres accents de la clarinette...
On peut retrouver au disque Pascal Moragués entre autre dans le Quintette avec clarinette de Mozart K.381 (Euravent) et le quatuor pour la fin des temps d’Olivier Messiaen avec le trio Wanderer (Harmonia Mundi).
Claude Ollivier
+ Prochain concert de l’Orchestre de Paris 18 et 19 Novembre 20.00 Salle Pleyel : Bizet (jeux d’enfants, petite suite d’orchestre, symphonie n°1) – Beethoven ( concerto pour violon). Paavo Järvi direction, Janine Jansen violon. Res. 01 42 56 13 13 ou www.orchestredeparis.com
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Giselle
Giséle ou " le langage de l’âme "
C’est la reprise à l’opéra Garnier de l’œuvre phare du ballet Classique « Gisélle », chef d’œuvre admirablement mis en espace par le ballet de l’opéra de Paris dans la version de Patrice Bart et Eugen Polyakov qui ont adopté la chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot transmise par Marius Petipa qui a rejoint la grande tradition du ballet anglais et russe. C’est l’histoire toute simple d’une jeune et séduisante paysanne Gisèle, éperdument amoureux jusqu’à la déraison d’un grand et séduisant seigneur, léger et asses inconscient, au détriment de Hilarion, un pauvre paysan de son milieu , et qui de ce fait s’achèvera dans la tragédie en la faisant entrer dans le royaume des ombres, les « Willis ».
Une histoire qui se situe donc dans l’imaginaire, entre le réel et le mythe, sur une musique riche et très expressive de Adophe Adam , dans les décors réalistes du premier acte (maisons de paysans) , pour déboucher au deuxième acte dans le fantastique de ruines gothiques sur fond de clair de lune, hanté par les apparitions mystérieuses des Willis ( les âmes des fiancés mortes le jour de leur noce…). La danse va alors transcender ce conte en le transfigurant par le drame intérieur des âmes et le mouvement incessant des danseurs fera le lien entre ce qui habite l’homme dans la vie réelle et son appel pressant en son destin surnaturel : « Gisèlle, dira Serge Lifar, c’est le langage de l’âme ».
On retrouvera Isabelle Dupont, une prestigieuse étoile du ballet qui incarne une Gisèlle fragile et très juste dans sa lutte intérieure incessante qui s’exprimera surtout dans son jeu exceptionnel des « pointes » pour signifier son voyage irréel dans le monde de ombres. Elle est suivie par le jeune nobliau Albrecht de Nicolas Le Riche qui impose son personnage habité par une grande émotion dans ses pas toujours bondissants et très maîtrisés révélant bien son âme tourmenté jusque dans la mort. Ce sera aussi l’Hilarion de Karl Paquette rayonnant de simplicité et de spontanéité jusque dans son admirable jeu de pas.
Et tout le ballet dans une pure et superbe harmonie d’ensemble fait corps autour des solistes dans un chef d’œuvre chorégraphique inusable qui fait encore aujourd’hui les grandes heures du Ballet de l’opéra de Paris
Claude Ollivier
+ Gisèlle à l’opéra Garnier jusqu’au 12 Octobre. Tel. 08 92 89 90 90. Et internet : http://www.operadeparis.fr
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Le Barbier de Séville

Rossini au sommet
C’est la cinquième reprise de la belle et savoureuse réalisation du Barbier de Séville à l’opéra Bastille dans la mise en scène de Céline Serreau qui pousse sa réflexion sur la profonde humanité de cet opéra tout en soulignant la dimension comique de la musique qui dans ces reprises successives jusque là n’ a pas souffert un instant du message souterrain qui le soutien « il faut atteindre, dit-elle, un certain niveau de profondeur pour faire rire » : on rit pour mieux penser.. On retrouvera donc le beau tableau des collines afghanes (décors de Jean-Marc Stehlé et Antoine Fontaine, les lumières de Geneviéve Soubirou sur fond de ciel bleu étoilé) qui ouvre l’opéra avec une troupe de Talibans prêts à donner du sabre et de la sérénade (les beaux chœurs de l’opéra). Une tour se dresse, elle est habitée par un vieux chef de guerre le barbon Bartolo qui enferme dans sa forteresse la belle Rosine qu’il voudrait épouser mais qui a évidemment son cœur ailleurs. Elle n’apparaitra qu’à travers les persiennes d’un vieux moucharabien.
La scène tourne pour faire apparaître la maison du Barbon de style baroque islamiste avec son patio mauresque, ses mosaïques turquoises, sa fontaine, ses balcons et ses escaliers avec ses grilles en fer forgé devant protéger l’intimité drastique de la demeure emprisonnant le belle Rosine. Le troisième acte ouvre sur le somptueux salon du Barbon, ses tapis rouges avec ses divans et ses multiples coussins qui au fil de l’action seront projetés au loin par Rosine pour laisser la place à un jardin et à une terrasse légèrement éclairée qui lui permettront d’échapper à son maître et de retrouver son amant Almaviva et son Figaro qui la délivreront de toute l’emprise de la tradition islamiste de sa « burka » bleue. La scène se transforme alors en oasis avec des arbres qui surgissent devant et derrière le couple qui s’éloigne au loin , fort de leur amour libéré. Du grand art scénique.
La distribution annoncée est en partie renouvelée avec surtout dans le rôle de Rosine la mezzo-soprano française Karine Deshaye , premier prix des concours Voix d’Or en 2001 et Voix nouvelle 2002 et finaliste du concours Placido Domingo. Basilio c’est la grande Basse Georgienne Paata Burchuladze , voix du Commandeur dans le Don Giovanni au Festival de Salzbourg et basse favorite de Karajan … Se retrouvent sur la scène Le Bartolo du baryton italien Alberto Rinaldi et le ténor italien Antonino Siragusa qui fait ses débuts à l’opéra de Paris dans le rôle du Comte d’Almaviva. La truculente soprano suisse Jeannette Fisher reprend son rôle de Berta et George Petean celui de Figaro. C’est le chef italien Bruno Campanella, un pur rossinien, qui dirigera l’orchestre et les chœurs de l’opéra de Paris.. Ne manquez pas ce spectacle de rêve.
Claude Ollivier
+ A l’opéra Bastille : Le Barbier de Séville de Rossini jusqu’au 14 Octobre et sera repris pour dix représentations du 26 Mars au 13 Avril 2010.
Reservation à www.operadeparis.fr ou 08 92 89 90 90.
Reservation à www.operadeparis.fr ou 08 92 89 90 90.
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Fêtes baroques et grandes journées Grétry - Saison 09/10

Si Versailles m’était chanté...
Le Centre de musique baroque de Versailles consacre ses traditionnelles « Grandes journées » à André Ernest Modeste Gretry (1741-1813), l’un des compositeurs majeurs de la fin du XVIII° siècle français et injustement méconnu… Pourtant c’est un authentique citoyen de l’Europe, originaire de la principauté de Liège, accueilli à Paris ou il devient avec Gluck l’un des musiciens préférés de la Reine Marie-Antoinette et ses œuvres furent jouées plus que tout autre compositeur dans tous les pays d’Europe, jusqu’en Russie ! Traduit en italien, en anglais, en allemand, en suédois, en russe ses œuvres furent en effet données pendant près d’un siècle dans tous les théâtres d’Europe : un compositeur français du XVIII°siécle français vite considéré comme le plus joué à travers le monde…Il était donc temps de lui donner toute sa place dans ces « Grandes journées » du Centre de musique baroque de Versailles avec ses opéras comiques, ses ballets, sa musique de chambre et sa musique sacrée : une occasion nouvelle de « mettre en musique » dans sa meilleure tradition le château de Versailles.
Gretry vit naître l’opéra comique et concourut largement à en faire le genre emblématique de cette fin de siécle : Rameau, Leclair et Madame de Pompadour se sont éteints depuis quatre années et avec eux les grandes heures du règne de Louis XV, les années du Barry ( 1769-1774) seront certes celles de ses premiers succès du jeune compositeur mais ce sera l’arrivée de la jeune Dauphine Marie Antoinette (1770) qui consacrera son triomphe qui se prolongera tout au long de la révolution et de l’Empire : certes Grétry pour ce faire ira jusqu’à remettre en cause ses acquis et de ce fait ouvrira les portes du Romantisme musical. On comprend que les « Grandes Journées Grétry, le musicien de Marie Antoinette » privilégient dans son programme des extraits de ses ouvrages lyriques en éclairant les facettes nouvelles d’un nouveau genre théâtral en musique : le comique bourgeois ( l’Amant jaloux ) le pathétique du drame séculaire (la tragédie « Andromaque » sur le livret de Racine), la somptuosité orchestrale et chorale d’une œuvre de circonstance (« Cephale et Procris ») ainsi que l‘épanouissement du grand Ballet (« La belle et la Bête » un spectacle-pantomime librement adapté de l’opéra comique « Zemire et Azor ») . Autour de ces redecouvertes se grefferont plusieurs programmes de musique de chambre et de musique sacrée. Faut-il rappeer que de part et d’autre de ces « Grandes Journée » les Fêtes Baroques traditionnelles resteront consacrées aux grands compositeurs de Louis XIV avec quelques concerts-événement comme la recréation d’ « Amadis »de Lully en coproduction avec les opéras d’Avignon ( 24 et 26 Janvier) et de Massy (6 et 7 Février) , et des conférences débats ou « Rencontres de menus Plaisirs » animées par des musicologues et interprétes..
Claude Ollivier
+ Les grandes Journées Grétry au centre de musique Baroque du château de Versailles10 Octobre : « les Favoris de Marie Antoinette », 17 Octobre : « La Belle et la Bête », 18 Octobre : « Andromaque », 10.13 et 15 Novembre « l’Amant Jaloux », 21 Novembre « Cephale et Procris » Rens.
Reservation à www.cmbv.fr ou 01 39 20 78 00.
Reservation à www.cmbv.fr ou 01 39 20 78 00.
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La fille mal gardée

Le bonheur est dans les prés
« La fille mal gardée » est le plus ancien « ballet d’action » dont la tradition d’un pur classicisme conserve précieusement la mémoire. Elle fut présentée le 1er Juillet 1789 – la veille de la prise de la Bastille...au grand Théâtre de Bordeaux sur une chorégraphie de Jean Dauberval autour du thème pastoral qui évoque de façon pittoresque et très populaire la vie rurale quotidienne avec ses cinq personnages : quatre hommes, une mère acariâtre et sa fille qui sera la danseuse autour de laquelle gravitera tout le corps de ballet.
Le succès fut immédiat tant en Europe qu’en Russie et jusqu’au Mexique et c’est en 1985 que Claude Bessy le montera au Palais Garnier pour l’école de danse de l’opéra de Paris. C’est dire que l’histoire de ce ballet a pu traverser toute l’histoire de la danse en se gardant précieusement de toute lecture moderne et restant résolument jusque dans la musique au stade très pur d’une véritable symphonie pastorale.
La version signée par Frederik Ashton et que l’on retrouve dans la reprise de cette année reste toujours virtuose et humoristique tout en demandant un engagement complet chez les danseurs spécialement avec le couple vedette très exposé durant toute la chorégraphie avec la danseuse Etoile Myriam Ould-Braham, personnalité rayonnante et très intelligente accrocheuse dans le rôle de Lise et de Matthias Heymann autre jeune et prestigieux danseur Etoile toujours parfaitement maître de ses pas de par une technique très assumée.
Leur grand professionnalisme culmine dans la danse des rubans ou dans le dernier tableau et la portée vertigineuse des deux amants exaltant leur amour retrouvé. Il faut mentionner aussi le rôle travesti de la Mère Simone de Stephane Phavorin, jouant de la facétie dans ses mimes et ses élans que l’on retrouve chez le truculent Alain , l’excellent jeune danseur Simon Valasco. Le bonheur est complet « il est dans les près »
Claude Ollivier
+ Au Palais Garnier jusqu’au 15 Juillet. Tel. 08 92 89 90 90 et Internet : www.operadeparis.fr
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Proust ou les intermittences du coeur

Intermittences du coeur
C’est la reprise de la chorégraphie de Roland Petit sur « Proust ou les intermittences du cœur » rejoignant ici la grande tradition de la littérature française et « la recherche du temps perdu » qui entre ainsi dans le grand répertoire du ballet de l’opéra de Paris. Un ballet « qui fait danser les sentiments » et qui fait pénétrer au cœur même de l ‘univers complexe de Marcel Proust.
Sans réaliser une sorte de transposition par la danse du roman le chorégraphe a choisi diverses séquences du récit ou treize tableaux quasi cinématographiques tout en mouvement révélant bien l’atmosphère proustienne autour de ses cinq personnages à la recherche du temps perdu : Albertine, Proust le jeune, Morel, Monsieur de Charlus et Saint Loup : c’est un tableau impitoyable sur les mœurs du temps de la bourgeoisie et de l’aristocratie de la « belle époque », peint par la danse « à peine une couleur, un parfum passager, des impressions en demie –teinte… » Les scènes se succèdent sans continuité apparente mais animées par le même souffle poétique : la première partie est centrée sur le bonheur du couple et de l’amour et la deuxième sur la rupture et la mort. Cinq danseurs entourés du corps du ballet seront tous très engagés dans le rythme et l’esprit même de la chorégraphie de par la délicatesse, l’émotion et l’intelligence de leurs pas .
Ce sera d’abord dans le rôle d’Albertine Cecilia Ciaravola, récemment nommée « Etoile » , jeune et déjà prestigieuse danseuse, rayonnante d’intelligence et de sensualité à la Proust et qui a su surtout transcender son personnage en lui donnant un forte intériorité. Le jeune Proust, c’est Henri Moreau qui reprend le rôle de ce personnage si difficile à pénétrer dans sa fragilité : la technique est éblouissante et parfaitement maîtrisée. On retrouve Stéphane Bullion qui campe Morel, personnage profondément ambigu et typiquement proustien dessiné superbement par le jeune danseur. Manuel Legris toujours égal à lui-même, reprend le rôle de Monsieur de Charlus qu’il habite avec une grande maîtrise : sa danse s’impose d’elle même et reflète son humanité pervertie et un sens aigu de la souffrance et de sa révolte intérieure.
Enfin ce sera Florian Magnenet pour un Saint-Loup toujours en quête de l’impossible dans son « combat des anges » entraîné par Morel dans le vice. Le ballet s’achève dans la dernière séquence sur l’idée de la mort qui dans le fond traverse toutes ces « intermittences du cœur » La musique soigneusement choisie par Roland Petit épouse le ballet dans le moindre de ses accents qui deviennent quasi-Proustiens : on y retrouve Beethoven, Camille Saint-Saëns, mais aussi Gabriel Fauré, Renaldo Hahn, César Franck, Claude Debussy et Raoul Wagner qui accompagne le dernier tableau le plus noir et plus âpre mais d’une puissance fulgurante. « Un ballet en noir et blanc, dira Roland Petit, qui nous plonge dans l’univers de Proust marqué par la malice opposée d’abord à l’amour, puis à la désagrégation et à la mort. ».
Claude Ollivier (27 Mai 2009)
+ Au Palais Garnier : « Proust ou les intermittences du cœur », ballet de Roland Petit .Jusqu’au 8 Juin 19h.30. Tel 08 92 89 90 90 ou Internet: www.operadeparis.fr
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Tosca - l'oeuvre de Puccini à l'Opéra Bastille dans la production de Werner Schroeter

Inusable Tosca
" Tosca " retrouve donc son affiche à l’opéra de Paris pour sa cinquième année consécutive, c’est dire le succès de cette représentation puccinienne et de son beau chant, dans la mise en scène du célèbre cinéaste allemand Werner Schroeder dans les mêmes décors de Alberte Barsacq, une nouvelle distribution avec à la tête de l’orchestre de l’opéra le maestro suédois Stefan Solyam. On retrouve donc la volonté évidente de Schroerer dans sa scénographie très réussie d’aller au fond même du message de l’amour sacrifié de Tosca. La mise en scène reste en effet parfaitement adaptée aux dimensions de la grande scène de l’opéra Bastille avec ses décors immenses toujours aussi lourds et laids dans leur grisaille obsédante mais qui a le mérite de laisser toute sa place à la musique et au beau chant puccinien. On peut regretter quelques abstractions gratuites purement décoratives tels ces visages encadrés sur le fond de la scène qui miment les invectives du sinistre Scarpia ou au troisième acte ces soldats ivres mort qui découvrent le cadavre de leur camarade sans doute pour ajouter à l’atmosphère opprimante du dernier tableau et devant signifier avec insistance la mort annoncée de Mario et de Tosca dans un univers de bunker.
Mais le Chant sans qu’il soit exceptionnel s’impose de bout en bout de l’opéra : Tosca sera la soprano roumaine Adina Niterscu : la voix est claire, juste et elle campe son personnage avec beaucoup de vérité humaine, d’émotion et d’autorité.
Elle ira sans faiblir jusqu'au bout de son amour sacrifié pour Mario Cavaradossi, le vaillant ténor russe Mikhail Agafonov bien engagé dans son personnage, le timbre est puissant dans ses aigus bien posés. Le redoutable et cruel Scarpia, homme de pouvoir « qui fait trembler tout Rome » c’est la basse anglaise James Morris que l’on a plaisir à retrouver dans ce rôle : le jeu est exceptionnel de vérité. Notons aussi la prestation de Matteo Peirona pour un Sagrestano toujours aussi naïf que simplet. Les chœurs et l’orchestre de l’opéra de Paris sont au meilleur de leur forme animés avec précision et beaucoup d’attention par Stefan Solyom qui faisait au pupitre ses débuts à l’opéra national de Paris. Une Tosca inusable !!!.
Claude Ollivier (20 Mai 2009)
+ Tosca de Puccini à l’opéra Bastille jusqu’au 5 Juin, 19h.30. Tel. 08 92 89 90 90 et Internet : www.operadeparis.fr
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L'affaire Makropoulos

" Grande Dame sans âge " de Janacek…
C’est la reprise à l’opéra Bastille de l’opéra de Janacek « L’affaire Makropoulos » qui en 2007 avait remporté un suffrage unanime et que l’on a donc plaisir à retrouver intact : servi par la même troupe sous la baguette du chef tchéque Tomas Honus, avec les mêmes interprètes plus libérés pour aller plus au fond de la musique extrême de Janacek qui envahit toute l’opéra dans la mise en scène du Polonais Krzystof Warlikowski.
Il faut rappeler que « l’affaire Makropoulos » est une pièce étrange du poète Tchéque Karel Capek sur laquelle Janacek a composé son opéra. Elle conte l’histoire d’une femme Emilia Marty qui après avoir bu un élixir de longévité a vécu trois cents ans sous des identités diverses et dans des lieux différents. Et lorsque la pièce commence Emilia est revenue à Paris où elle est née pour y terminer sa longue vie qu’elle ne veut plus prolonger. C’est alors qu’elle entend parler par hasard d’un procès dans lequel elle a été jadis impliquée et dans les archives duquel elle pourrait retrouver le document sur lequel est consigné la recette de l’Elixir…elle fera tout alors pour le récupérer et elle achèvera sa longévité par une mort désirée…Un livret extraordinaire qui sur certains points rejoint la tragédie même de l’artiste - de Janacek en l’occurrence - devant l’indifférence d’un monde et suggérée par le metteur en scène situant l’action au cœur d’Hollywood avec les images de Marilyn Monroe et de sa fin tragique. Janacek va composer alors un véritable chef d’œuvre lyrique « une musique obsédante » aux accents souvent wagnériens, toute centrée sur la parole qui fait vivre la musique : le chant ici devint véritable théâtre.
Rien à redire sur la scénographie avec ses décors, ses costumes et sur les superbes lumières de Felice Ross qui se coulent tout naturellement dans la musique qu’elle sert dans ses moindres accents . Aucun bavardage visuel inutile mais un resserrement constant des situations qui ont toujours comme point de mire de mieux entrer dans la profondeur de la musique et de pénétrer dans le fond des âmes et tout spécialement dans celle de son héroïne Emilia Marty admirablement campée par la soprano allemande , l’irradiante Angela Denoke, qui s’identifie à son personnage en lui donnant une vérité humaine toute transcendante jusqu’à sa mort qui parachève l’opéra.
On retrouve autour d’elle des personnages bien en situation avec Vincent le Texier imposant son beau timbre de baryton, ou le ténor américain Charles Workman très en situation, en bref toute une distribution en parfaite affinité avec l’œuvre de Janacek. Enfin on ne peut que redire que si cette œuvre difficile a trouvé son unité c’est bien grâce à la baguette du tchèque Tomas Honus qui l’a servie avec une intensité, un style et une autorité musicale rayonnante de vérité.
Claude Ollivier (6 Mai 2009)
+ « L’affaire Makropoulos » de Janacek à l’opéra Bastille jusqu’au 18 Mai 20h.00 www.operadeparis.fr
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Gat, Duato, Preljocaj au Palais Garnier

« Hark » ! Ecoutez…
Trois grands noms de la danse contemporaine sont actuellement à l’affiche de l’opéra Garnier : trois grands chorégraphes qui sur bien des aspects se rejoignent dans une sorte d’inventaire par la danse de ce que porte l’homme en lui-même et dans ses relations. « Hark ! you schadows that in darkness dwell… » « Ecoutez ombres, peuples des ténèbres… » chante John Dowland, compositeur élisabéthain du XVII° siècle (1600) pour envelopper dans sa mélodie d’un intensité bouleversante le chemin d’écoute du ballet du chorégraphe israélien Emanuel Gat, une musique de silence entrecoupée par le bruissement de quelques percussions qui constamment va dialoguer avec les pointes des danseuses « une musique ,dira Gat, qui rend visible l’indicible… ».Ce seront onze danseuses qui vont explorer l’espace du grand plateau, une étendue noire d’où émergent dans le fond quelques ébauches d’édifices suggérées par le mouvement et la lumière. Elles donnent une danse très personnalisée, « l’être humain est central dans ce que je fais » qui engage tout leur corps jusqu’à la fine pointe de leur pas d’une élégance suprême sous une forme d’improvisation apparente mais qui suppose un gros travail de maîtrise et d’effort , pour finalement libérer cette symphonie silencieuse. Il faut mentionner surtout les deux danseuses Stéphanie Romberg et Amélie Lamoureux qui se fondent dans le groupe pour se détacher en livrant le sens de cette écoute « Hark » sans laquelle il ne peut y avoir ni de vie ni de sens. Dans le fond avouera Emanuel Gat il se passe beaucoup de choses dans ses pièces que l’on peut lire peut-être comme autant d’éphémères « histoires des gens »
Le programme était suivi par deux reprises l’une de Nacho Duata « White Darkness » avec Marie-Agnés Gillot et Stéphanie Bullion , une chorégraphie qui nous projette dans un ailleurs , « cet espace d’invention qu’ouvre l’inconnu » et le ballet de Preljocaj « MC 14/22 » « Ceci est mon corps » une sorte d’hymne sur le corps humain pour douze danseurs réunis autour d’une table allusion à la Cène de Leonard de Vinci qui accomplissent dans un mouvement perpétuel et très physique divers tableaux qui se figent comme des images arrêtées faisant référence aux grandes toiles des maîtres classiques liées au récit de la cène évangélique « Ceci est mon corps, dira Preljocaj, met en scène les hommes à travers celui qui au delà peut-être les fait vivre et dont l’Incarnation fut un corps semblable au leur ».
Claude Ollivier (29 Avril 2009)
+ A l’opéra Garnier : " Ballets de Gat, Duato, Preljocaj " jusqu’au 17 Mai. Tel.08 92 89 90 90. Internet : www.operadeparis.fr
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Un bal masqué

Verdi invité au Bal
C’est la reprise assez terne de l’opéra de Verdi donné en 2007 à l’opéra Bastille et qui a été sauvé par l’excellence de la direction de Renato Palumbo qui s’est révélé une fois de plus comme l’un des meilleurs chefs verdiens d’aujourd’hui. Galvanisant le plateau et la fosse pour faire tourner le Bal sans masque et du coup l’opéra par sa seule musique s’est imposée et a régné en maître sur le plateau et dans la fosse. C’est une œuvre phare de Verdi et un de ses opéras de voix qui demande beaucoup d’engagement chez tous les chanteurs pour faire vivre dramatiquement l’action plus par la musique que par le geste.
Ce qui finalement fut réussi sur la plateau de l’opéra Bastille grâce à l’élan donné par le grand chef verdien Renato Palumbo Ce Bal qui tourne mal avec l’assassinat du prince Riccardo (allusion historique de l’assassinat du roi de Suède Gustave III lors d’un bal masqué en 1791) qui se croyait trahi par son ami Renato autour de sa femme aimée l’ innocente Amelia C’est une œuvre admirablement construite autour d’une passion contrariée et illustrée par une orchestration rutilante, des chœurs superbes et des accents les plus verdiens dans les voix.
On retrouve la mise en scène de Gilbert Delfo (décors et costumes de William Orlandi) très dépouillée et finalement assez classique, elle reste dans la pénombre et assombri encore le drame de ce bal masqué qui trouve son apogée scénique dans la réalisation du troisième acte du bal final :un superbe tableau de couleurs et de mouvement.
Des chanteurs il faut surtout citer le Renato du baryton français Ludovic Tézier remplacant Franck Ferrari malade, une belle élégance vocale au timbre chaleureux de baryton et un jeu de scène très crédible, il se révèle ici encore comme une de nos belles voix françaises. Ramon Vergas campe le rôle titre sans grande conviction ; la voix est juste mais le timbre limite. L’Amelia de la soprano américaine Deborah Voigt donne une grande allure dramatique à son personnage mais la voix reste plus wagnérienne que verdienne avec la tendance constante à forcer ses aigus jusqu’au cri. Un page au charme léger comme il se doit, c’est Anna Christy qui brûle les planches et sait donner de l’élan et du charme à son personnage. Ulrica, la sorcière, c’est Elena Manistina qui dans sa grande robe rouge rayonne dans le feu de son chant en imposant sa présence dans son timbre chaleureux de mezzo. Les Chœurs superbes de l’opéra font corps pour donner de la vitalité à l’ensemble de la production qui demeure assez terne, heureusement relevé dans le superbe tableau final d’un bal qui finalement tourne mal …
Claude Ollivier (19 Avril 2009)
+ A l’opéra Bastille : « Le Bal masqué » de Verdi jusqu’au 23 Mai, 19h.30 Tel.08 92 89 90 90. Internet : www.operadeparis.fr
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Ballet de l'Opéra - Oneguine de Cranko fait son entrée au répertoire

Deux Etoiles au firmament de l’opéra
C’est à l’issue de la représentation au Palais Garnier du ballet de John Cranko « Onèguine » que le directeur de l’opéra Gérard Mortier et Brigitte Lefèvre directrice de la danse, devant le public de la soirée ont annoncé la nomination de deux nouvelles Etoiles qui entraient ainsi dans le firmament du ballet de l’opéra de Paris. Deux magnifiques danseurs-Etoiles qui ont illuminé la chorégraphie de John Cranko, un sud africain de tradition anglo-saxonne, une chorégraphie enveloppée dans les décors traditionnels d’un ballet néoromantique assez conformiste , il faut l’avouer, avec ses somptueux costumes , ses couleurs fortes, ses draperies hyper-ouvragées et ses volumes souvent écrasants Tout cet environnement s’est alors allégé et vivifié par ces deux très beaux danseurs qui ont magnifié le spectacle. Et on comprend la récompense suprême qui leur ont été attribué.
Ce sera la belle Tatiana de Isabelle Claravola qui a récemment triomphé dans la troisième symphonie de Mahler de Neumeier (2009)ou dans le rôle de Garance dans « les enfants du Paradis » de Martinez (2008) : une élégance, une intelligence souveraine qui transcendent tous les pas surtout dans ses portés vertigineux entre ciel et terre.... Ce sera aussi le jeune Matthias Heymann (22 ans !) vite repéré de par sa personnalité bien affirmée et la maitrise de sa danse ( récemment dans le rôle d’Albrecht dans « Giséle » ou celui de Baptiste dans les Enfants du Paradis» de José Martinez (2008). Il faut souligner aussi la très belle prestation de la première danseuse Myriam Ould-Braham dans le rôle d’Olga (la sœur de Tatiana).
C‘est Hervé Moreau qui campait un Onèguine un peu tendu mais ou l’on retrouvait bien la maitrise d’un grand danseur-Etoile. L’orchestre et son chef James Tuggle se sont débattus dans une partition « patchwork » autour de la musique de Tchaikovski qui malgré quelques beaux moments de rêve perdait souvent son âme…
Claude Ollivier (16 Avril 2009)
+ Oneguine, ballet de John Cranko à l’opéra Garnier jusqu’au 20 Mai. Tel. 08 92 89 90 90. Internet : www.operadeparis.fr
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Macbeth de Verdi : Témoins d'une expérience par Dmitri Tcherniakov

Un Macbeth venu de Sibérie…
C’est donc un Macbeth de Verdi venu du répertoire de l’opéra de Noviossibirsk en Sibérie , très éloigné du traditionnel Bel Canto verdien, de ses décors somptueux et ses costumes du temps qui faisait frémir le peuple par sa fureur et sa vengeance sanguinaire. Une réalisation venue du froid signée par le metteur en scène russe Dimitri Tcherniakov qui en Octobre 2008 nous a présenté à Garnier un « Eugène Oneguine » de Tchaïkovski de haute volée, et qui ici dans sa scénographie, son plateau et son orchestre est traversé par un grand souffle shakespearien rejoignant ainsi le meilleur des Verdi.
Mais on est prévenu dès les premières scènes du drame illustrées par une immense video qui tourne autour d’une maison bourgeoise pour pénétrer dans un austère salon ou se tient un Macbeth, homme avide de pouvoir, hésitant mais dominée par une tendre Lady Macbeth et qui deviendra le chef d’un kolklose après ses meurtres répétés. Pas de scénes de sorcières qui ici sont mêlées à une foule grisâtre avec ses quelques soldats prompts à la révolte ( les excellents chœurs de l’opéra sont bien homogènes et admirables dans leur mouvement d’ensemble, comme dans la scéne happant littéralement le corps assassiné de Banco…) Plus de fantastique « le mal n’est pas fantastique, dira-t-il, il se cache dans la vie ordinaire…personne ici ne sera univoque, tout comme la vie qui nous propose jamais de solutions univoques… » la révolution est donc en marche, et du coup le spectateur se trouve engagé dans un drame profondément humain, c’est ce qui expliquerait en parti la « bronca » d’une salle (assez partagée) touchée au fond de son être le plus intérieur.
La distribution rassemble d’excellents chanteurs-acteurs qui tous habitent parfaitement leur personnage en jouant avec intelligence le jeu même du metteur scène : ce sera le Macbeth aussi arrogant que pitoyable du superbe baryton russe Dimitris Tiliakos qui n’en fait pas de trop en entrant de plein pied dans le jeu du metteur en scène. Ce sera la prestigieuse soprano russe Violetta Urmana pour une Lady Macbeth rayonnante dans sa prévenance amoureuse de son sanguinaire mari et habitée par une fureur implacable mais très à l’aise dans la fameuse scène de la folie (sans trace de sang !) transformée en une artiste de cirque jusque dans ses numéros de prestidigitation et coiffée d’un chapeau haute forme !!! Un remarquable Banco du baryton Ferrucio Furlanetto, une voix admirablement timbrée et à la prononciation impeccable.
Un remarquable Macduff du ténor italien Stefano Secco qui a emporté tous les suffrages de la salle. Ce sera le jeune chef grec Teodor Currentzis qui sera le grand maître de la soirée dans sa direction d’orchestre vivante, d’un dynamisme effrénée dans ses vastes gestes ne manquant aucun accent de la musique en donnant vie et élan à tout un plateau et à un orchestre littéralement subjugués par une telle personnalité .
Un remarquable Macduff du ténor italien Stefano Secco qui a emporté tous les suffrages de la salle. Ce sera le jeune chef grec Teodor Currentzis qui sera le grand maître de la soirée dans sa direction d’orchestre vivante, d’un dynamisme effrénée dans ses vastes gestes ne manquant aucun accent de la musique en donnant vie et élan à tout un plateau et à un orchestre littéralement subjugués par une telle personnalité .
Claude Ollivier (4 Avril 2009)
+ A l’opéra Bastille : Macbeth de Verdi Jusqu’au8 Mai 2009. Tel 0 892 89 90 90. Internet : www.operadeparis.fr
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Werther à l'Opéra Bastille

Werther ou un retour aux sources
Son tempérament de feu et de passion lui a permis avec quelle force et quelle émotion de s’identifier littéralement avec son personnage qui porte en lui-même toute la douleur de vivre. Un Werther tout en mouvement, virevoltant dans tous les recoins de la scéne mais sachant toujours porter une voix claire, juste jusque dans ses sublimes aigus , d’une prononciation parfaite et savoureuse dans ses accents mexicains et qui exaltent un public littéralement subjugué par un tel engagement. C’est le vaillant Ludovic Tessier ( en alternance avec le rôle titre) qui lui donne la réplique dans le rôle d’Albert, un peu écrasé par la personnalité de son rival mais qui sait planter son rôle avec détermination et grand calme : la voix est chaude , d’une fort belle musicalité et la diction parfaite. Susan Graham est une grande et magnifique Charlotte très digne dans son allure et qui n’en fait pas de trop, elle vit par l’intérieur d’elle-même le drame de son amour partagé et de la mort de son amant. Une juvénile Sophie de la soprano Slovaque Adriana Kucerova qui manquerait un peu d’assurance au cœur du drame mais la voix est belle dans toute sa pureté et un superbe et égal à lui-même Alain Vernhes dans le rôle du Bailli .
La mise en scène du vétéran Jôrgen Rose est sobre et très maitrisée, elle bien éclairée par les diverses lumières bien ciblées de Michael Bauer qui créent l’ambiance du drame. Les murs sont recouverts de graffitis , des extraits tirés des lettres du poète qui entourent une sorte d’immense rocher avec en surplomb un bureau sur lequel se tient Werther le poète et autour duquel tourne le plateau accentuant ainsi le centre même du drame . C’est Kent Nagano qui fait remarquablement briller l’orchestre de l’opéra par une direction qui sans trop de raffinement ni de pathos est nette et d’une très juste musicalité.
Claude Ollivier (18 Mars 2009)
+ Werther de Massenet à l’opéra Bastille jusqau’au 26Mars. Tel.08 92 89 90 90 ou Internet : www.operadeparis.fr
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Troisième Symphonie de Gustav Mahler - John Neumeier

Une quête de l’Absolu
Ecoutez un extrait du premier mouvement de la Troisième Symphonie de Gustav Mahler.
Ce seront alors tout au long du ballet symphonique une succession d’élans de corps entrelacés qui se mêlent et se déploient avec une énergie aussi brutale qu’instinctive, des portées aériennes vertigineuses, des attitudes de corps aux limites du déséquilibre, animés dans leur intérieur à la fois par leur fragilité et par la violence de leur désir. Dans son centre Nicolas Le Riche qui vibre de toutes ses forces physiques et spirituelles et avec une réelle émotion dans cette recherche de l’infini du désir « en suivant les méandres profonds et douloureux de l’âme qui conduisent peu à peu à une confiance bienheureuse, « la science joyeuse » (sixième mouvement de la symphonie).
Il est accompagné par la belle et fragile Clairemarie Osta rayonnante de douceur et de force intérieure, toute de lumière et de grâce. On retrouve au cœur même du ballet d’autres danseurs aussi éblouissants tels Jérémie Bélingard, Stephane Bullion, Delphine Moussin, Eleanora Abbagnato, Mélanie Huriel, Karl Paquette... Neumeier pouvait dire : « Un ballet qui utilise le corps humain comme un instrument, le faisant évoluer dans un ensemble organisé pour l’élever à un niveau métaphysique ou spirituel et atteindre une dimension supra-humaine » dont acte….
Il est accompagné par la belle et fragile Clairemarie Osta rayonnante de douceur et de force intérieure, toute de lumière et de grâce. On retrouve au cœur même du ballet d’autres danseurs aussi éblouissants tels Jérémie Bélingard, Stephane Bullion, Delphine Moussin, Eleanora Abbagnato, Mélanie Huriel, Karl Paquette... Neumeier pouvait dire : « Un ballet qui utilise le corps humain comme un instrument, le faisant évoluer dans un ensemble organisé pour l’élever à un niveau métaphysique ou spirituel et atteindre une dimension supra-humaine » dont acte….
Claude Ollivier (13 Mars 2009)
+ A l’opéra Garnier : Troisième symphonie de Gustav Mahler, ballet de John Neumeier. Jusqu’au 11 Avril 2009 - Res. 08 92 89 90 90 ou internet : www.operadeparis.fr
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Le Parc d'Angelin Preljocaj

Le Chemin des Passions
Le chorégraphe plante alors son petit Theatre de stratégies galantes dans un décor aux formes géométriques qui crée une ambiance surréaliste avec ses bosquets traités en chalumeau, ses branches d’arbres émondés en forme de cage pour retenir les cœurs émoustillés et un ciel d’orages qui se dessine dans le fond de la scène pour faire peser la menace sur ces faciles tourments amoureux…Quatre jardiniers « modernes cupidons aux lunettes noires (l’amour esrt aveugle !) » feront les transitions entre les divers instants d’un parcours en trois actes qui se dénouera dans l’ éclosion d’un amour vrai de deux êtres qui se découvrent dans le fond d’eux-mêmes en faisant le passage « des sens à l’âme ». Et l’on comprend alors la complicité instinctive entre le chorégr
Commentaires
émission du 11 janvier à 14h30
Merci pour cette émission formidable
Le 11 janvier sous le titre de musiques sacrées venant de l'Est, j'ai particulièrement apprécié la chorale.
Pouvez vous me donner les références de vos disques utilisés lors de cette émission.
Une auditrice fidèle
Friederike Anglès d'Auriac
Merci!
Par Friederike Anglès d' Auriac, le 25 January 2010
Merci pour cette émission formidable
Le 11 janvier sous le titre de musiques sacrées venant de l'Est, j'ai particulièrement apprécié la chorale.
Pouvez vous me donner les références de vos disques utilisés lors de cette émission.
Une auditrice fidèle
Friederike Anglès d'Auriac
Merci!
Par Friederike Anglès d' Auriac, le 25 January 2010
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