Samedi 7h03, dimanche 20h56

Animée par : Hubert de Beaufort

Émission du Samedi 22 septembre 2012

Les Vérités 2012 - Où va l’Europe ?Comment faire face à ses trois défis : récession, chômage, endettement ?

            La politique française semble souvent ignorer qu’elle se trouve bon gré, mal gré liée et solidaire de l’Europe et des 27 pays qui la compose. Liaison qui commence avec l’Euro, cette monnaie commune qui a permis à beaucoup de jouer les cigales en empruntant à bon compte grâce au parapluie du bon élève allemand.

            La crise si dramatique pour la croissance et l’emploi a au moins un bon côté : elle oblige chaque pays à analyser lucidement l’état de son économie et de sa finance.

            Les chiffres démontrent que l’Europe regroupe les bons élèves et les mauvais élèves : les bons élèves se trouvent en Europe du Nord et les mauvais élèves dans l’Europe du sud, avec même un cancre qui est la Grèce.

            Rappelons que cette Europe du Nord regroupe l’Allemagne, l’Autriche, la Hollande et le Danemark et l’Europe du Sud l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la malheureuse Grèce.

            Et la France, où se situe-t-elle ?

            L’Histoire est claire : que ce soit Charles de Gaulle avec Konrad Adenauer ou François Mitterrand avec Helmut Kohl, la politique française a toujours eu comme priorité de sa politique étrangère une étroite collaboration avec Berlin.

            Heureusement ou malheureusement la géopolitique se veut une discipline objective et même froide. Paris a certes dominé le duo franco-allemand jusqu’à la réunification de 1989 et durant la reconstruction de l’Allemagne de l’Est, mais l’Euro a changé la carte géopolitique :

- Pour l’Allemagne, l’Euro se doit d’obéir à la même rigueur que le mark et ses priorités que sont lutte contre l’inflation, l’équilibre budgétaire, la priorité industrielle.

- Pour la France, ce fut malheureusement l’inverse avec des dépenses budgétaires excessives qui entrainent un endettement et une fiscalité croissante. Mais la conséquence économique la plus grave fut la désindustrialisation de notre pays.

Les dernières guerres se mesuraient à la puissance des forces armées. La géopolitique actuelle mesure d’abord la puissance industrielle.

Nous l’avons déjà signalé et nous le répétons aujourd’hui : nous avons perdu la moitié de notre industrie en 25 ans qui ne représente plus que 12 % de notre PIB contre 24 % outre Rhin.

Hélas, nous ne parlons plus d’égal à égal avec Berlin car le couple franco allemand est déséquilibré. Certes nous avons des cartes politiques avec notre présence au conseil de sécurité de l’ONU et notre dissuasion nucléaire, mais combien de temps ces cartes pourront-elles encore servir ?

Angela Merkel est lucide : l’éclatement de l’Euro impliquerait l’éclatement de l’Europe avec des conséquences imprévisibles qui ne manqueraient pas de toucher l’Allemagne. Certes la dernière décision de la Banque Centrale Européenne, la BCE, va dans ce sens en permettant aux emprunts de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie de s’effectuer à des conditions supportables.

Malheureusement la décision de la BCE est contestée par la Bundesbank et par Georges Soros qui envisage deux solutions : l’Allemagne quitte l’Euro ou elle devient le leader de l’Europe en acceptant un partage du passif.

Une certitude, le temps nous est compté. Le redressement économique est possible s’il rencontre l’adhésion de tous les acteurs vers le même objectif : ramener les dépenses et la fiscalité au niveau de celui des meilleurs élèves, à commencer par celui qui a fait l’Europe avec nous l’Allemagne.

La démagogie est mauvaise conseillère, elle est même le pire ennemi de la démocratie : nous l’avons vécu avant la dernière guerre.

L’Histoire doit toujours rester une référence : les  Français ne doivent pas l’oublier.  

              

                          

 

           

                  

           

                       

              

             

                  

                             

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