Jean-Luc Pouthier, historien, ancien conseiller culturel à l’ambassade de France auprès du Saint Siège est l’invité de Louis Daufresne dans l’émission le Grand Témoin. A l’occasion du 50ème anniversaire du Concile Vatican II, retour sur les contextes de naissance de ce concile.
Jean-Luc Pouthier rappelle que le Concile Vatican II a été un évènement médiatique dans un contexte politique chargé en évènements :
Contexte mondial
La décolonisation : Avant-gardiste, l’Eglise avait la volonté de mettre en place des clergés locaux particulièrement en Afrique dans une dynamique « d’universalité de l’Église ».
La guerre froide : Le concile s’ouvre lors de la semaine de la crise des missiles à Cuba.
En France
Fin du la guerre d’Algérie : rapatriement des Pieds Noirs
Dissolution de l’Assemblée Nationale par le Général De Gaulle : référendum pour l’élection du Président de la République au suffrage universel.
Au départ personne ne voit ce concile comme un évènement majeur, tout d’abord de par sa durée ( 3 ans). Dans le déroulement, sous l’impulsion de l’évêque Liénart, une prise de pouvoir de l’assemblée contre la bureaucratie du Saint-Siège caractérise la volonté des évêques à peser dans les discussions. C’est une prise de pouvoir par les procédures.
Contexte intellectuel
Dans les textes, on note des » intuitions » sur le plan théologiques : l’ incarnation, ouverture à la parole de Dieu (Dieu se révèle dans l’écriture)… Les textes sont aussi influencés par l’école française dont on retrouve les fruits dans l’écriture et la conception théologique du « rapport au naturel et surnaturel ». L’idée de « lutte contre la liberté de conscience et la liberté religieuse » est le fruit de réflexions datant du 19eme siècle.
Ce que le Concile Vatican II a changé, c’est le « rééquilibrage entre tradition et révélation ». La tradition ne s’impose plus au détriment des écritures. Ce concile bouleverse L’Eglise, comme le souligne Jean-Luc Pouthier celle ci « devient le peuple de Dieu » avec des laïcs appelés à exercer leur sacerdoce au cour de l’Eglise.
Jean-Luc Pouthier ajoute que ce Concile survient dans une Europe profondément chrétienne. Ce que le Concile n’a pas vu et n’a pas pris en compte c’est « un mouvement de sécularisation » qui caractérise aujourd’hui nos sociétés.


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