Dans le Grand Témoin, l’historien Benoît Pellistrandi analyse l’actualité politique, économique et sociale.
Le traité européen
Benoît Pellistrandi explique qu’il faut relativiser le pessimiste ambiant partagé par tous sur la situation économique de l’Europe. Le normalien rappelle que la vocation de l’Europe était d’installer durablement la paix. Une paix qui à ce jour ne fait pas défaut et que rejoignent des pays notamment de l’est qui ont vécus des années de conflits. Benoît Pellistrandi rappelle que la France a subi des « mutations considérables», passant de « l’agriculture » à « l’industrie » puis à une « économie tertiaire », celle des services. « Les conditions de création de richesses ne cessent de changer ». Ce qui est problématique pour l’agrégé d’histoire ce sont « des questions politiques et sociales ». A savoir, la nécessité de se poser certaines questions : quel modèle de richesses voulons-nous ? Et comment partager ces richesses ? Le modèle social qui valait pendant les Trente Glorieuses ne vaut plus aujourd’hui. Benoit Pellistrandi rappelle que nous avons de « nouveaux besoins » d’où la nécessité de faire « des choix nouveaux et des choix moraux ». « Il faut se reconstruire dans un nouveau panorama », d’où la difficulté. Des difficultés à replacer dans un contexte historique pour Benoît Pellistrandi qui voit dans l’idée de déclin « un cycle normal de toutes sociétés qui évoluent ».
La situation économique de la France
Pour Benoît Pellistrandi, « la France n’a aucune crédibilité budgétaire auprès de ses partenaires européens », mais son atout repose sur son « appareil fiscal » qui lui permet d’ « emprunter à des taux faibles ». Ceci dû à des augmentations d’impôts qui rassurent les investisseurs. Cependant, le normalien ne croit pas à « l’équilibre budgétaire » annoncé pour 2017 car « l’État n’a plus d’argent » et que « les flux sont tendus ». La situation est moins alarmante que pour la Grèce et l’Espagne mais est préoccupante. Benoît Pellistrandi est pour une politique de rigueur notamment en ce qui concerne le déficit de « 100 milliards d’euros cumulés depuis 10 ans de la Sécurité Sociale ». Ce qui importe pour Benoît Pellistrandi c’est que « la parole publique retrouve de la crédibilité ».
Benoît Pellistrandi note qu’il s’agit d’ « un débat que l’on ne veut pas mettre en place », dû à « une gêne du gouvernement et des parlementaires ». Notre invité s’interroge sur la légitimité de l’intrusion de «l’État en ce qui concerne les libertés individuelles et les modes de vie ». L’agrégé d’histoire note une « dévaluation de l’idée du mariage » à laquelle les Chrétiens auraient participé en ne témoignant pas suffisamment sur ce qu’est le mariage. D’où l’importance aujourd’hui de « réaffirmer ce que signifie l’engagement ». Pour Benoît Pellistrandi, le mariage comprend « une logique d’enrichissement dans l’altérité et les enfants ».



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