La Voix est Libre donne la parole à nos invités sur cette maladie mentale qu’est l’anorexie. Le professeur Philippe Jeammet a suivi de nombreuses patientes atteintes d’anorexie. Michela Marzano, philosophe témoigne dans un livre de son combat contre l’anorexie et Isabelle témoigne de l’anorexie de sa fille.
Le professeur Philippe Jeammet explique que l’anorexie mentale correspond à une « conduite de restriction alimentaire », « un arrêt des règles »… et un « déni de la maladie ». Ces symptômes physiques sont les fruits d’une « conduite adaptative de personnes très sensibles de réponses de contraintes émotionnelles très fortes ». Michela Marzano ajoute qu’il y a « un rapport de devoir être » par rapport aux autres qui suscite une « angoisse » chez les anorexiques. En filigrane, ce qui se cache derrière l’anorexie, c’est « un amour qui a fait défaut » poursuit la philosophe. Isabelle témoigne de son expérience en tant que parent d’une anorexique et explique que « la culpabilité des parents ne se révèle pas mauvaise si elle pousse à agir en revanche elle devient destructrice si il y a déni » de la part des parents de la maladie de leur enfant. Le professeur ajoute d’ailleurs qu’il faut que les parents sortent vite de « l’engrenage pathogène de culpabilité » afin de réfléchir avec leur enfant à des « objectifs » pour sortir de la maladie. Philippe Jeammet poursuit par « la peur » qui se cache derrière cette maladie, « la peur se cristallise sur l’image du corps de l’anorexique ». Tout dépend du « degré de confiance » qui a un rapport avec « l’environnement et le tempérament ». Michela Marzano insiste sur deux points : « la reconnaissance de la limite », l’anorexique en est incapable et « le manque de reconnaissance de ce que l’on était avec ses propres limites ». Ces deux éléments exercés de manière inconsciente fondent la confiance en soi.
Le professeur Philippe Jeammet conclut en insistant sur la nécessité de ne pas « s’enfermer dans le trouble », il précise que sortir de l’anorexie n’est pas qu’une question de volonté mais qu’il s’agit de retrouver « l’envie » (que l’on ne contrôle pas) par « des conditions » afin de « se sentir bien dans son corps ». Isabelle explique qu’il ne faut pas avoir peur de la psychothérapie familiale qui permet à chacun de dire ce qu’il ressent. Michela Marzano explique qu’il faut « avoir le courage de déconstruire » ce qui était néfaste et « poser les bases pour quelque chose de nouveau en acceptant sa propre fragilité ».


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