Suite au coup de tonnerre politique provoqué par le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, qui a exprimé, à titre personnel, sa position de dépénaliser le cannabis, alors que le gouvernement s’y oppose fermement, le débat reprend. Au-delà des prises de positions politiques, La Voix est Libre revient, avec des spécialistes, sur les ravages du cannabis sur les jeunes.
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Pour une « législation contrôlée »
Maître Francis Caballero, avocat, propose que face au « constat d’échec » de la France pour enrayer la consommation de cannabis soit substitué un « système de monopole d’Etat sanitaire et sociale » qui contrôlerait « la production, la distribution et la consommation ». Nommée « la Française du Cannabis », cette législation prônerait une « politique de modération » avec comme retombées : la « création d’emplois », un « gain d’argent pour les finances publiques », un « soulagement du budget de la police et de la justice », ainsi qu’un « coup décisif porté à l’économie des banlieues ». Maître Albert s’insurge contre une « prohibition » totale du cannabis, que l’on place sur le même niveau que le tabagisme ou l’alcoolisme, alors que « la consommation peut être contrôlée ».
Une « toxicité incontestable »
Pour le docteur Xavier Laqueille, du point de vue de sa profession, le débat sur le cannabis est « clos », attestant que la consommation de cannabis est « destructrice » provoquant des « toxicités neuropsychiatriques et somatiques ». Contre ceux qui parlent du cannabis comme une »drogue douce » qui déstresserait, le docteur explique que les études révèlent deux choses. La première est que les substances entraînent une « augmentation de l’irritabilité, l’anxiété et des tensions psychologiques dans 60 % des cas ». Deuxième élément, le médecin exprime qu’un certains nombres d’adolescent s’en sortent mais que ceux atteints de problèmes psychologiques souffrent de « polytoxicomanie ». Le médecin éclaire aussi sur une autre étude qui établit la « baisse du QI » liée à la consommation de cannabis.
Un sujet rendu « tabou »
Albert-Jean Mougin, président du SNALC (Syndicat National des Lycées et Collèges) dénonce une « hypocrisie française », car « les consommateurs sont partout » et de « tous les milieux ». Il s’insurge contre une « autorité » qui fait défaut d’une manière générale, mais aussi au sein de l’Enseignement, « l’autorité doit être partagée, chacun son rôle ». Ajoutant que « nous sommes à l’ère d’un certain chaos », Albert-Jean Mougin souligne la nécessité de « refaire du sens partout dans un cadre exigeant ».
Une plus grande prévention
Serge Lebigot, auteur de « Cannabis, ce que les parents doivent savoir » met en évidence un tissu familial brisé par la drogue. Il explique que les adolescents dépendants du cannabis sont très « agressifs » avec leurs parents. L’auteur prône une prévention plus accrue, non plus par des « campagnes télévisuelles », mais dans les écoles, dès le « CM2 », en s’appuyant sur « les associations des parents ». Relatant le système suédois en ce qui concerne les drogues, Serge Lebigot s’étonne que la France ne s’en inspire pas, alors que le pays dénombre « le moins de consommateurs de stupéfiants au monde ».

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