Dans La Voix est libre du jeudi 27 septembre 2012, nos invités débattent des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre l’insécurité en France. Retour sur les principaux axes de réflexion.

Mohamed Mechmache, membre du collectif ACLefeu : spécialiste des quartiers sensibles, Mohamed Mechmache dénonce le traitement des banlieues par les média qui la plupart du temps ne montre que « l’aspect négatif » de ces quartiers. Pour lui, les banlieues « cristallisent toutes les tensions de la société ». C’est un travail en amont que préconise le membre du collectif qui doit s’attaquer aux « causes ». Celles ci sont : le chômage, le décrochage scolaire, le logement précaire… Ce qui est nécessaire pour Mr Mechmache c’est de « retravailler la citoyenneté » dans ces quartiers en « associant prévention et répression ».

Bruno Beschizza, député UMP en Seine Saint Denis et ancien lieutenant de police juge que le signal envoyé par la Garde des Sceaux Christiane Taubira est négatif. Il note que depuis les déclarations de la garde des sceaux, on note une « explosion des violences sur les forces de l’ordre ». Le député traduit ceci par une crainte des délinquants vis-à-vis de la police qui tend à disparaitre. Pour lui c’est « l’impunité qui est responsable de l’insécurité ». Il ajoute qu’il est indispensable de revenir à des « signaux et symboles lisibles et visible s » sinon « tous les mécanismes qui seront mis en place ne serviront à rien ».

Dominique Raimbourg, député PS poursuit le débat en ajoutant que la justice pénale doit « contrôler les flux ». La réponse pénale doit être « rapide et exécutée ». Ce qui est essentiel pour le député, c’est d’associer prévention et répression en « reconstituant la chaîne pénale ».

Christophe Soullez criminologue, chef du département de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales revient sur deux points. Tout d’abord, le criminologue rappelle que les études démontrent que c’est « la certitude de se faire sanctionner qui va avoir une conséquence sur le passage à l’acte ». Il convient donc d’envoyer un message traduisant une « efficacité de la peine ». Dans un second temps, il faut que la vocation de la prison se trouve aussi dans « un travail de réinsertion » des détenus afin de prévenir la récidive. Christophe Soullez observe deux autres points qui rendent difficile le travail des policiers. Il précise que « les jeunes fonctionnaires » ne doivent pas exercer dans les » zones difficiles » et que « le travail procédural et administratif » des policiers doit être nettement allégé afin de faciliter leur travail.

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