Bénédicte Lapeyre, professeur en relations internationales au Collège d’Europe à Bruges et auteur de « 10 conseils utiles aux futurs dictateurs » est notre grand témoin.
L’Europe
Initialement, notre invitée rappelle que la vocation de l’Europe était tournée vers l’extérieur, une vision du vivre ensemble afin de « panser les blessures » d’après guerre: aujourd’hui, cette vocation se confronte à une « globalisation » des échanges et à une « politique planétaire ». Dans ce contexte, notre invitée souligne que la vieille Europe perd sa place dans les débats liés aux élections américaines, au détriment des pays émergents qui, dans ce contexte de mondialisation, pèsent de plus en plus. De plus, Bénédicte Lapeyre ajoute la difficulté d’une Europe qui tend à rassembler des pays dont le système économique diffère d’un pays à l’autre et qui, dans certains pays, s’oppose véritablement.
Le langage diplomatique
Contrairement à un langage du politique plus direct qui peut se permettre plus de virulence, le langage diplomatique implique le « souci de l’Autre ». Il s’agit de « faire passer un message qui ne soit pas blessant pour l’Autre ». Bénédicte Lapeyre ajoute que le message doit être encore plus mesuré en religion avec des médias qui peuvent détourner des propos en les sortant de leur contexte. Dans cette posture de langage diplomatique, le professeur parle de « sagesse populaire » par des proverbes que l’on trouve dans le langage populaire : « toute transparence mène à la surveillance », ou encore », toute vérité n’est pas bonne à dire ».
Bénédicte Lapeyre met en garde contre une attitude qui consiste à « projeter nos propres valeurs ». Pour cela, elle prend l’exemple des printemps arabe. Pour elle, il y a une « ambiguïté entre démocratie et valeurs républicaines ». « Démocratie qui signifie la loi du plus nombreux » n’induit pas forcément que les personnes élues, suite aux révolutions des pays arabes, partagent des valeurs républicaines qui caractérisent nos pays.


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