Jean-Paul Betbèze, économiste, membre du conseil d’analyse économique auprès du premier ministre, directeur des études économiques membre du comité exécutif du Crédit Agricole est l’invité de Louis Daufresne. Analyse d’une actualité économique sous le joug de la crise. Retour sur les principaux axes de recherche expliqués par l’économiste

« Le nouveau monde »

Pour Jean-Paul Betbèze, au delà des clivages politiques qui ont caractérisé la dernière élection présidentielle, la violence de la crise a été « sous estimée » par tous. Il s’agit d’une crise de surendettement qui génère des tensions sociales importantes et un fort taux de chômage. L’économiste parle alors de « nouveau monde » dans lequel nous évoluons et qui doit prendre en compte une économie en « reconstitution permanente ».

Par nouveau monde, l’économiste entend « révolution de l’industrie et des services » avec une nouvelle façon de « consommer et de communiquer » qui régie nos sociétés. Les nouvelles technologies font parties intégrante de nos modes de communication et « modifie notre rapport au temps et à l’espace ».

 Une « coopération» indispensable

 Pour Jean-Paul Betbèze, la solution à une sortie de crise, c’est la coopération de chacun c’est à dire une co-responsabilité qui inclut chaque intervenant, par exemple, patrons et syndicats doivent partager les responsabilités et les efforts.

La zone euro

Une union de la zone euro est essentielle. L’économiste insiste sur l’importance du marché. Celui-ci doit être important. « Le marché protège s’il est important en terme de richesses ». La stratégie de la zone euro doit être de générer un marché compétitif générant des richesses importantes.

Une « concurrence intelligente »

L’inquiétude des salariés en France repose sur la délocalisation. Une inquiétude à relativiser pour Jean-Paul Betbèze, qui prône une délocalisation nécessaire des produits « bas de gamme » ou « l’entrée de gamme». C’est à dire que les usines françaises doivent concentrer leur production en France sur les produits à haute valeur ajoutée et délocaliser le reste. L’économiste ajoute que l’économie allemande se porte mieux car le pays « co-traite » la production de ses produits « l’entrée de gamme ». Jean-Paul Betbèze est conscient de la « destruction » d’emplois mais relève en même temps la protection de ce système. L’important est de se concentrer sur l’industrie, c’est à dire de « former sur l’innovation et la recherche ».

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