Le projet de loi budgétaire annoncé par le gouvernement vendredi prévoit une politique d’austérité emmenant le déficit sous la barre des 3% du PIB. L’effort pour 2013 est chiffré à 37 milliards d’euros. Retour dans La Voix est Libre avec nos spécialistes économiques sur les augmentations d’impôts dans un contexte de crise économique.
Hervé Mariton, député UMP de la Drôme voit dans ce plan budgétaire une nécessité pour limiter l’ampleur de la dette. Le problème étant pour lui que « l’État ne fait pas le choix de maitriser ses dépenses » en voulant créer 6000 emplois de fonctionnaires au niveau de l’Éducation Nationale. Si le député de la Drôme salue l’effort du gouvernement pour limiter « les dépenses d’investissement », en revanche, pour lui l’effort de l’État doit se matérialiser en « limitant les dépenses budget par budget ». Hervé Mariton voit d’ailleurs dans la création de ces 6000 postes dans l’Éducation National un recrutement qui va s’effectuer à des niveaux « très médiocres » du fait de « la pression en nombre ».
Olivier Bertaux s’aligne sur Hervé Mariton en ce qui concerne les dépenses que doit effectuer l’État. Pour lui, il est « absurde » d’augmenter les impôts avant d’effectuer un travail sur les dépenses. Le fiscaliste d’entreprise précise aussi qu’il faut « s’attaquer à toutes les dépenses publiques » y compris territoriales et pas seulement celles de l’État. Il voit dans certaines dépenses une certaine « idéologie » notamment en ce qui concerne le remboursement intégral de l’avortement. En ce qui concerne l’augmentation des impôts, Olivier Bertaux précise que « le gouvernement cherche des niches là ou il peut » notamment en ce qui concerne les hausses de tabac et la taxe de la bière. Pour lui les augmentations vont concerner tout le monde (augmentation de la redevance télévisuelle, retraites…) et certaines taxes vont avoir des répercussions notamment en ce qui concerne les taxes sur les entreprises qui vont « engendrer des charges en plus », « une augmentation du prix de revente » où des licenciements donc une augmentation du « chômage ». Le fiscaliste dénonce aussi le coût du travail en France qu’il juge trop élevé.
Notre économiste, Simone Wapler établit « le déficit réel comprit entre 20 – 25 % ». Dans ces conditions contrairement à ce que dit le gouvernement, tout le monde sera touché par les hausses successives d’impôts. En ce qui concerne la taxation à 75% des revenus les plus élevé, Simone Wapler la juge « stupide » car elle y voit un manque à gagner au niveau de l’investissement. Simone Wapler conclue en expliquant que « les politiques ont confondus richesse et emprunt » créant ainsi « une situation de surconsommation ». Un pari risqué car aujourd’hui la croissance ne suit plus. « Il sera donc normal de revenir en arrière ».


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